Vaste sujet, on a combien de temps ?
Il y a souvent confusion entre "tolérance" et "acceptation". Ce n'est pas parce qu'on tolère quelque chose qu'on doit forcément accepter qu'elle existe. L'appel à la tolérance est souvent une façon déguisée de faire taire les points de vue opposés.
Je prendrais bien en exemple le sujet qui a, je pense, motivé cette interrogation, mais je ne vais pas remettre une pièce dans la machine. Donc allons-y pour l'expérience de pensée hypothétique.
Jean-Kévin aime les fraises. C'est son droit. Pour diverses raisons, je suis contre la consommation des fraises (vous connaissez les conditions de vie des ramasseurs de fraises en Patagonie, vous, en plus, vous savez que la fraise a été inventée par Satan pour être utilisée au cours de sacrifices humains ?). Je me permets donc de faire remarquer à Jean-Kévin que, de mon point de vue, sa consommation de fraises n'est pas très morale. Et là, je fais un jugement. Et je pense avoir le droit au jugement de valeurs, c'est même, à mon sens, ce qui permet de faire évoluer la société.
Jean-Kévin, outré, me rétorque que je ne suis pas très tolérant. Si. Ai-je demandé qu'il soit jeté en prison, livré à la vindicte populaire ? Non. Je tolère son point de vue, comme il doit tolérer le mien. Être tolérant ne veut pas dire qu'on est d'accord, qu'on se respecte, ni qu'on doit forcément adhérer à la doxa de certaines opinions plus ou moins populaires.