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analogique
#64
Grégory a dit...

Bien davantage qu'à la situation,un bon communiquant doit s'adapter à son auditoire.


Panthère a dit...

C'est indéniable.


On en revient donc encore et toujours à l'adaptation...

Je trouve cela très contestable, car cela conduit à imaginer que le locuteur façonne son discours en fonction de ce qu'il suppose que son auditoire peut ou veut entendre. Cela produit des ramassis de lieux communs, sans surprise et sans saveur. Cela part du principe très discutable que c'est ce fameux "communiquant" qui sait ce que l'auditoire est à même d'entendre ou pas. On dirait un programme de télévision. Beurk.

Je veux dire par là que communiquer n'est pas échanger. La plupart du temps, quand on parle de communication, si on adapte le message à ce qu'on présuppose que l'auditoire peut en retirer, on évoque quelque chose à sens unique: la communication y est une "mise en commun" qui n'attend pas de retour. C'est la logique de la propagande et de la publicité, autrement dit celle de la guerre: le discours adapté vise une cible, toujours.

Ou s'il s'agit de n'adresser qu'un discours pré-mâché à des interlocuteurs déjà convaincus du bien-fondé de ce qu'ils vont entendre, autant parler à des huitres, ou mieux: réserver sa salive et se taire.

Il me semble que le locuteur devrait d'abord se soucier de ce qu'il a à dire, et tendre à approcher au plus près de ce qu'il souhaite exprimer. La première chose à "cibler" n'est donc pas la capacité d'autrui à nous entendre, mais bel et bien ce que nous avons à dire. Et si nous faisons cet effort, la personne qui recevra le message (et qui au bout de la chaine est un individu, et non la masse d'un auditoire) pourra de son coté faire la démarche complémentaire qui consiste à décrypter ce discours et à en sonder le sens et la portée, avant que de nous renvoyer la balle.
Dernière modification le 06/08/2013 16:14:31 par analogique.
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