je crois que votre distinction entre le pouvoir dans son exercice et le pouvoir dans sa source résume particulièrement bien une partie de mon questionnement.
On peut effectivement remettre énormément de pouvoir a un Dominant, tout en conservant quelque part la possibilité de reprendre ce que l'on a confié.
Et votre phrase sur le retrait du pouvoir m'interpelle : si le retrait devient lui-même une désobéissance, une faute ou une trahison, alors le pouvoir n'est plus seulement exercé dans le cadre du consentement… il commence a déterminer les conditions mêmes de ce consentement.
Je vous rejoins aussi sur l'idée qu'une emprise peut se construire sans intention consciente. C'est justement ce qui la rend difficile a repérer.
Et non, votre « pavé » n'était pas si terrible. Il avait au moins l'avantage de répondre très précisément aux questions que je posais.
Messages
Je trouve votre notion de « perte de repères » particulièrement intéressante. 😊
Je vous rejoins surtout sur le rôle de l'entourage : lorsqu'on commence a se couper progressivement des personnes qui nous connaissent, ou que plusieurs proches nous disent qu'on a changé, cela peut effectivement constituer une vraie alarme.
Et votre comparaison avec les addictions est intéressante aussi : on peut parfaitement avoir conscience qu'une situation nous fait du mal tout en continuant a la subir. Cela montre justement que la conscience seule ne garantit pas forcément la capacité a sortir d'une situation.
Au fond, votre réponse rejoint une partie de mon questionnement : la possibilité de garder des repères extérieurs pourrait être l'un des meilleurs moyens de vérifier que le choix reste réellement un choix.
Kawa, je pense que votre question touche justement a une difficulté majeure du BDSM : il n'existe pas forcément une frontière universelle du risque acceptable.
Une même pratique peut être considérée comme acceptable par certains et constituer une limite absolue pour d'autres. En revanche, je pense qu'on peut davantage parler de niveau de risque que d'une simple opposition « sûr / dangereux ».
On pourrait par exemple regarder plusieurs éléments : la probabilité que le risque survienne, la gravité de ses conséquences, la possibilité de le maîtriser ou de l'arrêter, et surtout le fait qu'il existe ou non des moyens réellement efficaces de le réduire.
Et je vous rejoins sur un point important : le consentement ne fait pas disparaître le risque. On peut parfaitement consentir a quelque chose de risqué en ayant conscience de ce que cela implique. La question devient alors : à partir de quel niveau de risque estime-t-on que le jeu sort de ce qu'on accepte comme BDSM ?
Je ne suis pas certaine qu'une échelle unique puisse répondre à tout, mais l'idée d'une classification selon probabilité × gravité × contrôlabilité me paraît déjà intéressante.
Je pense pas qu'il existe d'échelle ou de catégorisation du danger pris.
C'est assez personnel finalement. Une personne se sentira en danger pour une pratique et la personne d'à côté là verra comme normale et largement acceptable.
Prenons la gifle. Pour moi c'est compliqué parce que visage, cerveaux, séquelles ou risqué de séquelles important. Il y en a d'autres qui diront "c'est rien une claque ça remet les idées en place"
Qui a raison qui a tord? Je dirais tous le monde. C'est plus avoir conscience des risques et des dangers et en accepter la possible issue si d'aventure ça merde.
Ça c'est un cas de conscience qui est intime et personnel
Bonjour tout le monde !
"La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible."
Risque et danger sont omniprésents, même au cœur de nos activités courantes et vitales. Manger, par exemple. Ou marcher.
Comme le fait remarquer Gappap, nos esprits mélangent souvent ce qui ressortit de la probabilité d'un événement et ce qui touche à l'importance de ses conséquences. Mais comme il est impossible d'ordonner de manière univoque, des grandeurs caractérisées par deux dimensions (probabilité, gravité), je ne pense pas qu'il existe une échelle rigoureuse qui répondrait à ce dont notre cerveau aurait besoin pour opérer des choix. Il ne lui reste donc que l'approximation que nous réalisons à chaque instant de manière inconsciente, savoir une moyenne pondérée au doigt mouillé entre la probabilité de l'événement et la gravité de ses conséquences.
Cette approximation empirique et personnelle n'a pas grand chose de rationnel, d'objectif, ni de transposable d'une personne à l'autre ou d'un moment au moment suivant. Impossible, à mon sens, d'en tirer tout ce qui pourrait ressembler à une limite, une échelle ou tout ce qui repose sur l'idée d'une comparaison rigoureuse.
Toutefois, le meilleurs des choix rationnels consiste parfois à se plier au produit d'un calcul qui ne l'est pas. Le résultat n'en est pas pour autant dénué de sens, ni d'expérience… donc de pertinence, au regard d'autres stratégies envisageables telles que celle de ne strictement rien faire ou l'autre de n'agir qu'en se laisant porter par un hasard parfait. Et dans le cas qui nous occupe, il me semble que nous n'avons rien de plus précieux que l'échange, le bon sens, le contact humain, l'expérience partagée… et la limite discutée. Pas mieux.
Décidément, psychologiques ou typographiques, la mode est aux limites des caractères. ;)



