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Merci pour votre réponse. Je vous rejoins particulièrement lorsque vous dites vouloir connaître « la femme derrière la soumise » et ne pas chercher a l'effacer. C'est une distinction essentielle a mes yeux. La soumission fait partie de la personne, elle ne devrait pas faire disparaître tout ce qu'elle est en dehors de celle-ci. Son caractère, ses opinions, ses ambitions, ses passions et même sa capacité à ne pas être d'accord ne cessent pas d'exister parce qu'elle choisit de confier une part de pouvoir a un Dominant. J'apprécie également votre distinction entre un pouvoir qui est confié et un pouvoir qui serait pris. Le premier possède justement une valeur particulière parce qu'il résulte d'un choix. Et votre dernière phrase résume finalement très bien le paradoxe que je souhaitais soulever avec ce sujet : si le « non » n'est plus réellement possible, quelle valeur peut encore avoir le « oui » ? À mes yeux, la liberté de dire non ne diminue donc pas la soumission. Elle donne au contraire toute sa valeur au oui qui est offert.
Je comprends votre raisonnement et je vous rejoins sur un point : être libre de choisir ne signifie pas que nos choix soient sans conséquences. C'est vrai dans une relation D/s comme dans beaucoup d'autres domaines de la vie. Mais c'est justement la que je placerais une nuance entre avoir théoriquement le choix et se sentir réellement libre de l'exercer. Une personne peut parfaitement être en mesure de dire « non », mais si chaque refus entraîne culpabilisation, colère, menace de rupture ou remise en question de sa soumission, elle possède toujours techniquement ce choix, mais les conditions dans lesquelles elle l'exerce deviennent beaucoup plus discutables. A l'inverse, accepter les conséquences naturelles d'un choix ne signifie évidemment pas que notre liberté nous a été retirée. C'est peut-être finalement la que confiance et bien-être, que vous évoquez, rejoignent la liberté dont je parlais : pouvoir dire « oui » ou « non » en sachant que l'autre pourra ne pas apprécier notre décision, voire en tirer ses propres conclusions, mais sans chercher a nous contraindre a choisir autrement. Et je pense justement que la qualité d'une relation se mesure aussi a ce qui se passe lorsque les deux personnes ne veulent pas la même chose.
Ce qui me frappe dans votre récit, ce n'est pas que vous soyez en désaccord. C'est qu'après seulement deux jours d'échanges, cette personne pense déjà savoir qui vous êtes et quelles sont vos motivations profondes. Pour ma part, je trouve cela très prématuré. On peut avoir des visions différentes du BDSM, et c'est même ce qui rend les échanges intéressants. En revanche, affirmer qu'une soumise « ne comprend pas le fond de la relation » ou qu'elle recherche uniquement son propre plaisir simplement parce qu'elle défend l'existence de ses limites, me paraît être un raccourci. À mes yeux, une soumise qui possède des limites, des interdits ou des tabous ne devient pas la Dominante du couple. Elle reste une personne qui connaît ce qu'elle est prête à vivre... ou non. D'ailleurs, un Dominant a lui aussi des limites. Accepter cette réalité ne retire rien à son autorité. Je pense qu'un débat est enrichissant lorsqu'il permet de comprendre le point de vue de l'autre, pas lorsqu'il consiste à convaincre l'autre qu'il a tort. Si le simple fait d'exprimer une opinion différente conduit à être bloqué, ce n'était probablement pas un débat, mais la recherche d'une validation. Personnellement, je préfère discuter avec une personne qui n'est pas toujours d'accord avec moi. C'est souvent dans ces échanges que l'on apprend le plus, à condition que chacun accepte que deux visions puissent coexister sans que l'une annule l'autre.   Au passage, félicitations à lui. Je pense qu'il mérite une place dans le Guinness Book du BDSM. Réussir, en seulement deux jours et quelques échanges, à prouver avec autant de conviction qu'on ne supporte pas un avis différent... c'est une performance. Je ne sais pas si c'est un record mondial, mais il sera sans doute difficile à battre. 😄
Pour ma part la liberté et la soumission ne sont pas contradictoires. Elles sont même indissociables. La valeur d'une soumission réside justement dans le fait qu'elle est librement consentie. Si une personne n'a plus la possibilité de choisir, alors on ne parle plus de soumission, mais de contrainte. Une soumise choisit de confier une partie de son pouvoir à son Dominant. Ce n'est pas le Dominant qui le prend de force. Et cette différence est fondamentale. Je pense également que chaque relation D/s est unique. Certaines soumises souhaitent laisser une très grande place à l'autorité de leur Dominant, d'autres préfèrent conserver davantage d'autonomie dans leur vie quotidienne. Tant que cela résulte d'un choix partagé, il n'existe pas de modèle universel. Pour ma part, je ne cherche pas à retirer sa personnalité à une soumise. Je souhaite au contraire connaître la femme derrière la soumise : ses valeurs, son caractère, ses qualités, ses défauts, ses passions, ses ambitions. Je ne veux pas qu'elle cesse d'être elle-même. Mon rôle n'est pas de l'effacer, mais de l'accompagner dans sa progression. Je considère également qu'une soumise doit toujours rester libre d'exprimer son ressenti, de communiquer lorsqu'une situation lui pose problème et, surtout, de retirer son consentement si les limites fixées ensemble ne sont plus respectées. Pour moi, ce n'est pas une remise en cause de l'autorité du Dominant ; c'est une condition indispensable à une relation D/s saine et durable. Finalement, je crois que le plus beau paradoxe de la soumission est celui-ci : c'est parce qu'une soumise est libre de dire « non » que son « oui » a une véritable valeur. Sans cette liberté fondamentale, il n'y a plus de confiance, et sans confiance, il n'y a plus de véritable relation D/s.