Continuons à explorer ce thème. Existe til des différences homme femme ?
Oui. Il existe des différences moyennes entre hommes et femmes dans l’attirance extraconjugale, mais elles sont statistiques, pas absolues. Et surtout, le désir sexuel ne fonctionne pas exactement de la même manière chez tous les individus.
Chez l'homme : une sensibilité moyenne plus forte à la nouveauté sexuelle
Les recherches trouvent en moyenne chez les hommes :
une libido plus élevée ;
davantage de pensées et fantasmes sexuels ;
une plus grande recherche de variété sexuelle ;
une attirance moyenne plus forte pour une personne séduisante rencontrée en dehors du couple ;
une importance moyenne plus grande accordée aux indices physiques et visuels.
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C'est particulièrement intéressant par rapport à ton exemple du « joli petit cul qui passe » : chez beaucoup d'hommes, une information visuelle peut déclencher très rapidement une réponse sexuelle sans qu'il existe préalablement une relation affective avec la personne. Les études expérimentales montrent effectivement, en moyenne, une influence plus importante des stimuli visuels sexuels chez les hommes.
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Cela ne signifie évidemment pas que tous les hommes fonctionnent ainsi.
Chez la femme : le désir peut être tout aussi puissant, mais son déclenchement est en moyenne plus contextuel
La différence n'est pas simplement « l'homme regarde le corps, la femme regarde le cœur ».
C'est beaucoup plus subtil.
Chez les femmes, l'attirance peut également être extrêmement immédiate et fortement physique. Mais, statistiquement, le contexte, l'interaction, la personnalité perçue, la sécurité, la réciprocité, l'état émotionnel et la qualité de la relation peuvent davantage participer au déclenchement ou à l'intensification du désir.
Il existe d'ailleurs une idée reçue importante à corriger : les femmes ne sont pas biologiquement condamnées à avoir un désir plus fluctuant ou nécessairement plus dépendant du contexte. Une étude longitudinale importante a trouvé que les différences de variabilité du désir disparaissaient lorsque l'on examinait les fluctuations à court terme : hommes et femmes présentaient alors des variations comparables, avec quelques différences contextuelles.
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Et pour l'attirance extraconjugale spécifiquement ?
C'est là que la distinction devient intéressante.
Un homme peut voir une femme très séduisante et avoir immédiatement :
perception → excitation → fantasme → désir sexuel.
Il n'a pas nécessairement besoin de construire auparavant un attachement.
Chez une femme, la chaîne peut davantage ressembler, en moyenne, à :
perception → intérêt → évaluation de la personne/situation → excitation → désir.
Mais ce n'est absolument pas une règle. Une femme peut parfaitement avoir le premier mécanisme, extrêmement rapide, et un homme peut fonctionner principalement par le second.
Une étude portant directement sur le désir envers une personne attractive extérieure au couple a effectivement trouvé un désir moyen plus élevé chez les hommes.
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Le point le plus important : désir ≠ infidélité
C'est fondamental.
La recherche montre que l'engagement amoureux peut diminuer l'attirance portée à une personne séduisante extérieure au couple et surtout réduire la probabilité de transformer cette attirance en comportement. Dans une étude, l'engagement prédisait mieux l'infidélité que la sociosexualité elle-même.
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Donc on peut avoir :
« Je trouve cette personne extrêmement excitante »
sans avoir :
« Je veux avoir une relation avec elle »
et encore moins :
« Je vais tromper mon partenaire. »
Le cerveau peut produire le premier événement automatiquement ; les deux suivants impliquent davantage de motivation, de décision et de contexte.
Et c'est probablement encore plus intéressant en BDSM
Dans une relation BDSM, cette dissociation peut devenir très visible.
On peut être profondément attaché, voire avoir une relation D/s très intense avec quelqu'un, tout en ressentant une attraction sexuelle immédiate pour une autre personne.
Le désir extérieur ne signifie donc pas nécessairement que la relation principale est devenue moins importante.
Il peut simplement révéler deux systèmes différents :
l'attachement : « cette personne est importante pour moi »
et
la pulsion sexuelle : « cette autre personne m'attire énormément maintenant ».
Ces deux systèmes peuvent coexister.
Et si l'on revient à ta question initiale sur la « nature » humaine, c'est précisément pourquoi je ne qualifierais pas l'homme de monogame sexuel absolu. L'être humain possède une capacité remarquable à former des liens exclusifs et durables, mais son système de désir n'est pas verrouillé sur une seule personne.
La différence hommes/femmes est surtout une différence de fréquence et de sensibilité moyenne, pas une séparation entre deux types de sexualité.
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