Merci pour cette précision. Votre réponse confirme effectivement que nous avons deux conceptions assez différentes de la soumission, mais je trouve justement votre témoignage particulièrement intéressant pour cette raison.
Vous ne parlez donc pas simplement d'une appartenance symbolique : vous considérez réellement avoir confié a votre Maître le pouvoir de redéfinir, voire de supprimer, certaines libertés qu'il vous accorde aujourd'hui. Et puisque vous avez consciemment choisi ce fonctionnement et que vous vous y sentez heureuse et épanouie, je n'ai évidemment aucune raison d'en contester la légitimité pour vous.
Un élément de votre réponse m'interpelle néanmoins.
Vous précisez qu'en cas d'abus de pouvoir ou de mise en danger de vos intérêts fondamentaux, vous conserveriez la possibilité de mettre fin a la relation.
Cela signifie donc qu'il existe malgré tout une frontière qui reste entièrement entre vos mains : c'est vous qui déterminez ce qui constitue un abus de pouvoir ou une atteinte a vos intérêts fondamentaux et, à partir de la, si le pouvoir que vous avez confié doit prendre fin.
Finalement, même dans une remise de pouvoir aussi étendue que la vôtre, subsiste donc une liberté qui me semble essentielle : celle de rester juge de ce que vous acceptez de vivre.
Et quelque part, cela rejoint peut-être malgré tout la question initiale de ce sujet : aussi loin que puisse aller la soumission, peut-elle réellement exister sans qu'il subsiste, quelque part, la liberté fondamentale de continuer a la choisir ?
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Oui, ces libertés qu'il m'accorde il peut en redéfinir les contours à n'importe quel moment, voire me les retirer totalement.
Est-ce que ça me semble excessif qu'il ait cette possibilité ? Non, puisque c'est le principe auquel j'ai explicitement consenti.
Est-ce que ça m'inquiète ? Non, puisque j'ai justement été très prudente en amont (j'ai la tête sur les épaules et pas du genre à confier un tel pouvoir au premier imbécile venu 😀) et la suite m'a amplement prouvé que j'avais fait le bon choix. Je me sens très heureuse et épanouie dans cette relation. Moi qui était très introvertie et qui manquait cruellement de confiance en moi, je ne peux que constater que j’ai beaucoup progressé et c'est grâce à lui. En fait, le pouvoir que je lui ai confié, il l'a utilisé d'une manière qui a littéralement changé ma vie dans un sens plus que positif. Je n'ai donc aucune raison d'être inquiète des décisions qu'il prendra à l'avenir.
Et puis, bien que cela relève de la science fiction dans le contexte actuel tel que je le ressens, j'ai toujours la possibilité de mettre fin à la relation s'il y avait abus de pouvoir et mise en danger de mes intérêts fondamentaux.
Merci pour votre réponse. Votre témoignage illustre justement très bien la diversité des conceptions que je souhaitais faire apparaître avec ce sujet.
Vous avez choisi de confier a votre Maître une autorité extrêmement large, au point de considérer que vos libertés sont, pour l'essentiel, celles qu'il vous accorde. Ce n'est personnellement pas la manière dont je conçois ma propre soumission, puisque certains domaines de ma vie resteraient sous ma seule autorité, mais je trouve intéressant que deux personnes puissent se définir comme soumises tout en plaçant cette frontière a des endroits très différents.
Je vous rejoins également sur l'importance fondamentale du choix de la personne a laquelle on confie du pouvoir. Plus ce pouvoir est important, plus ce choix me semble déterminant.
En revanche, je serais peut-être un peu moins catégorique lorsque vous dites que « tout le reste est secondaire ». Choisir la bonne personne est essentiel, mais aucune relation humaine n'est figée. Les personnes évoluent, les circonstances changent et une relation peut elle-même se transformer avec les années.
C'est aussi pour cette raison que je continue d'accorder de l'importance au cadre, aux limites et a la possibilité de les rediscuter. Non nécessairement parce que l'on se méfie de celui a qui l'on se confie, mais parce que le consentement donné a une personne ne nous oblige pas a rester éternellement les personnes que nous étions au moment ou nous l'avons donné.
Votre témoignage soulève finalement une question qui m'intéresse : lorsque vous dites que votre Maître vous « accorde » beaucoup de libertés, avez-vous réellement le sentiment qu'elles ne vous appartiennent plus et qu'il pourrait donc décider demain de vous les retirer ?
Je trouve que la réponse a cette question permettrait justement de mieux comprendre ce que signifie concrètement, pour vous, cette remise de pouvoir.
Je ne sais pas répondre de manière générale, tant il y a de personnalités différentes et de manières différentes de vivre ce type de relation. Pour ma part, je n'ai pas de libertés, hormis celles que mon Maître m'accorde (en pratique il m'en accorde beaucoup 🙂) et bien sûr quelques libertés inaliénables: liberté de mettre définitivement fin à la relation, liberté d'opinion. Et ça me convient parfaitement.
Je ne peux pas me targuer d’une grande expérience, n'ayant eu que deux relations de ce type, mais je cogite beaucoup (parfois trop 😉) et quelle que soit la question j’en arrive presque toujours à la même conclusion : la seule chose qui compte vraiment est le choix de la personne à laquelle on confie le pouvoir. Tout le reste est secondaire (de mon point de vue en tout cas).
Pour illustrer mon propos, c'est un peu comme à l'échelle d'une nation: vous pouvez avoir une excellente constitution, des lois très protectrices, comme c'est plus ou moins le cas dans la plupart des pays Occidentaux, si cette constitution et ces lois sont mises en œuvre par des magistrats et des politiciens incompétents et corrompus, ça fonctionne comme une république bananière, peu importe la qualité du cadre légal et constitutionnel. Les libertés, très etendues et protégées dans les textes, sont restreintes et largement illusoires en pratique.
Dans une relation bdsm, on peut poser tous les beaux principes que l'on veut, et même signer un contrat génial, si on a choisi la mauvaise personne ça finira mal quand même .
ERRATUM D'APRÈS-MIDI = d'après moi
"c'est qu'on peut tout dire tout ce qu'on voit."
"c'est qu'on peut dire tout ce qu'on y voit. "



