Je comprends votre approche, même si c'est justement la que je me pose une question : le sens courant des mots suffit-il réellement à définir la manière dont ils sont utilisés dans une relation BDSM ?
Parce que lorsque vous dites avoir vos limites et que votre Maître les connaît et les gère, cela peut recouvrir des réalités très différentes selon les personnes. Une limite peut-elle être quelque chose qui ne sera jamais franchi, quelque chose qui pourra évoluer, ou encore une frontière qui dépend du contexte ?
C'est justement ce que je trouve intéressant dans les différentes réponses : nous utilisons tous les mêmes mots, mais nous ne semblons pas forcément y mettre exactement la même réalité.
Et je crois que votre exemple le montre assez bien : le BDSM peut être considéré comme tabou au sens social ou culturel du terme, tout en faisant parfaitement partie de votre vie personnelle. Ce n'est donc pas forcément la même utilisation du mot que lorsqu'une personne dit : « ceci est un tabou pour moi dans ma relation ».
Finalement, peut-être que le dictionnaire donne la définition des mots, mais que leur sens précis dans une relation dépend aussi du cadre dans lequel les deux personnes les utilisent.
Messages
Je trouve votre réponse particulièrement claire, notamment lorsque vous distinguez le fait de questionner le sens d'une limite et celui de questionner sa légitimité. C'est effectivement une nuance importante.
Votre formule résume d'ailleurs très bien une partie de ma réflexion : une limite peut éventuellement évoluer un jour, mais cela ne signifie absolument pas qu'elle est déjà ouverte a la négociation aujourd'hui.
J'aime également votre distinction entre : « qu'est-ce que je dois savoir pour respecter cette frontière ? » et « quels arguments pourraient me permettre de la déplacer ? ». La première démarche cherche a comprendre l'autre, tandis que la seconde peut effectivement devenir une tentative de persuasion.
Et je vous rejoins sur votre conclusion : peut-être que le plus important n'est finalement pas le mot employé, limite ou tabou, mais ce que la personne souhaite réellement que l'autre fasse de son refus. Peut-on en reparler un jour ? Peut-on simplement chercher à mieux comprendre sans essayer de convaincre ? Ou souhaite-t-elle que le sujet soit définitivement laissé de coté ?
Au fond, préciser cela éviterait sans doute bien des interprétations... parfois involontaires, parfois peut-être beaucoup plus arrangeantes pour celui qui aimerait voir la frontière disparaître.
Et bien pour ma part dans ma relation bdsm j'utilise le mot tabou selon sa définition. Mes tabous ne sont pas infranchissables non. Mais des sujets sensibles comme vous le dites. Certaines de mes limites le sont. Pas d'ambiguïté donc.
Après libre à chacun de donner d'autres sens aux mots dans differents contextes tant que les interlocuteurs se comprennent.
Déja votre message me rassure :) il y a de la vie!
Et si vous avez pu rencontrer quelques personnes c'est très bon signe, je privilégie la qualité au nombre, donc un seul bon contact est déja une belle victoire!
Merci pour votre message.
Je vous remercie pour votre retour, ami philosophe. Ca me fait plaisir d'échanger avec vous et de prendre le temps de nous écrire quelques lignes.
Je vous rappelle simplement que nous sommes sur un site de rencontres BDSM sur lequel il y a également un forum. J'imagine que le contenu le plus consulté ici reste probablement le visionnage de vidéos pornographiques, et que beaucoup de personnes viennent avant tout pour consulter les annonces, filtrer les profils et poursuivre ensuite leurs échanges en privé.
Dans ce contexte, les échanges du forum restent assez anecdotiques, même s'il me semble qu'ils sont plus un peu plus nombreux en été, du moins d'après ce que j'ai pu observer durant ma première année parmi vous.
Le forum est ouvert à tous les inscrits, chacun pouvant y apporter ses connaissances, ses expériences, ses limites et ses reflexions, généralement de manière totalement désintéressée. Nous sommes d'ailleurs dans une logique d'entraide : chacun apporte ce qu'il peut, et chacun reste libre de prendre ou non ce qui lui paraît pertinent. La responsabilité personnelle de chacun reste évidemment entière.
Quant on pratique pendant des années, qu'on rencontre certaines difficultés, qu'on fait des erreurs ou qu'on traverse des situations dont on aurait parfois aimé sortir autrement, il peut aussi naître une envie assez simple : essayer d'aider les suivants à franchir certaines difficultés un peu mieux que nous-mêmes.
C'est dans cet esprit que je participe ici. Je n'ai aucun problème à reconnaître mes propres limites en matière de connaissances et de compétences, malgré une pratique réelle de plus d'une décennie. L'expérience ne dispense pas de continuer à apprendre, et certainement pas de confronter ses propres certitudes à celles des autres.
Et pour être tout à fait honnête, je ne suis pas certains que la définition précise des terms soit ce qui aidera le plus quelqu'un confronté à une situation concrète. Mais cela reste toujours intéressant de poser les mots, de confronter les points de vue et de réfléchir ensemble.
Et puis, très simplement, c'est aussi agréable d'écrire quelques lignes et de recevoir en retour quelqu'un qui prend le temps de répondre sérieusement ou même avec humour. Alors, si vous en avez la possibilité, je vous encourage à continuer à participer vous aussi. Et j'en profite pour adresser la même invitation aux autres lecteurs : même une expérience personnelle, un désaccord, une question ou simplement un point de vue différent peut avoir son intérêt pour quelqu'un qui nous lit en silence. Un forum d'entraide ne vit finalement que de ceux qui prennent le temps d'y contribuer.
Peut-être pensez vous que je vis dans un monde enchanté. C'est possible. Mais après des années de pratique, de réflexions, de difficultés aussi, je crois qu'il y a déjà une chose qui n'est pas négligeable : se sentir bien dans sa peau et être suffisamment en paix avec soi-même. Et si cette position me conduit à avoir parfois des réflexions un peu différentes, je préfère les partager et accepter qu'elles soient discutées plutôt que de les garder pour moi.
Et parfois, je me surprends moi-même à être un peu trop enthousiaste. Je peux m'emballer, développer une idée avec beaucoup d'énergie ou donner l'impression d'être plus certain de moi que je ne le suis réellement. Mais, au fond, cela fait aussi partie de moi. Je préfère probablement avoir parfois un peu trop d'enthousiasme et continuer à échanger, plutôt que de devenir complètement indifférent.



