Brannec
par le 01/04/25
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Elle aurait pu me garder à genoux pour toujours.
Mais elle s’est sauvée. Et moi, je suis resté.
Nu. Cambré. Maquillé.
Sans rien à espérer.
Et pourtant… je vibrais encore.

Elle maniait les ciseaux comme d’autres manient les hommes.

Elle m’a coupé. Rebaptisé.
Elle m’a fait naître, sans me demander.
Et moi…

Elle s’appelait Pascale.

Coiffeuse.
Silencieuse.
Impeccable.
Je l’ai rencontrée dans un moment de vie simple.
Un café. Un regard.
Une proposition :
— Tu veux que je te coupe les cheveux comme moi je veux ?

J’ai dit oui.
Et ce jour-là, sans le savoir,
j’ai dit oui à tout.

Elle a commencé par mon prénom.
Elle a effacé l’homme.
Elle m’a baptisé Vanessa.

Pas dans un jeu.
Pas pour rire.
Parce qu’elle l’avait décidé.

Et moi…
je n’ai rien refusé.
Parce qu’en elle,
je sentais la vérité d’un pouvoir qu’elle ne contrôlait même pas encore.

Un soir, elle m’a ligoté sur une chaise.
Puis sur un lit.
Puis à genoux.
Nu.
Ou travesti.

Elle m’a bandé les yeux.
Elle m’a bâillonné.
Elle m’a donné à des objets.
À des ordres.
À sa main.
Entière.

Je me suis ouvert.
Pas seulement le corps.
L’âme.

Elle m’a encagé.
Maquillé.
Elle m’a coiffé de perruques.
Elle m’a insulté.
Elle m’a fait sucer des godes.

Je ne décidais rien.
Je n’imposais rien.
Je me laissais faire.

Elle me transformait.
Et elle vibrait.
Elle me le disait, haletante, quand je rampais :
— Tu me fais couler, salope.

Je n’étais plus un homme.
Je n’étais plus une identité.
J’étais offert.
Obéissant.
Féminisé.
Éveillé.

C’était son désir, pas le mien.
Je n’avais rien demandé.
J’ai suivi. Parce qu’elle voulait.
Et parce que je devenais ce que j’avais toujours été,
mais que personne n’avait su révéler.

Elle aurait pu poser sa marque à vie.
Elle aurait pu dire :
— Tu es à moi.

Et j’aurais répondu :
— Merci.

Mais elle n’a rien dit.

Un jour,
elle a baissé les yeux.
Et elle est partie.
Vers un homme “normal”.
Un vanille rassurant.

Elle m’a renié.
Mais pire encore :
elle s’est reniée elle-même.

Elle a laissé Vanessa derrière elle,
comme une poupée trop vraie pour ses mains.

Elle m’a écrit un jour :
“Te dominer va me manquer. Je le sens dans mon ventre.”

Mais c’était trop tard.
Vanessa ne se rend plus.
Elle attend.

Pas pour rejouer.
Pour appartenir.

Aujourd’hui,
je sais ce que je suis.
Ce que j’étais déjà,
bien avant Pascale.

Et si une Femme me regarde,
me saisit,
et m’ordonne :

Tu es à Moi maintenant. Et tu vas le savoir..

Alors je me tairai.
Je plierai.
Et je vivrai enfin.

 ce texte n’est ni fiction, ni confession. Il est juste là, posé pour Elle.)

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